COMMENT PARDONNER ?



Un des meilleurs remèdes à la souffrance, c'est sans aucuns doutes le pardon. Mais c'est bien souvent plus simple à dire qu'à faire. Beaucoup de personnes pensent même que certains actes sont impardonnables. Pourtant le fait de pardonner est à mon sens quelque chose d'essentiel pour pouvoir retrouver une sérénité et un bien être intérieur, mais également pour permettre à notre société d'évoluer.


Mais j'ai entendu et lu pas mal de choses sur le pardon. Il y en a certaines avec lesquelles je suis d'accord, d'autres un peu moins. Et j'avais tellement de choses à dire sur le sujet que j'ai décidé d'en faire une série de 4 vidéos pour que ce soit un peu plus simple et un peu plus digeste.


La première vidéo, c'est donc celle que vous êtes en train de regarder, et je vais parler du pardon de manière général, mais surtout du fait de pardonner une personne. Je vais vous expliquer comment faire pour ça, ou en tout cas comment moi je m'y prends.


Dans la deuxième vidéo qui sortira juste après, ce sera cette fois ci par rapport au fait de se pardonner soi-même.


Dans la troisième vidéo, je vais parler de comment faire pour se faire pardonner.


Et dans la quatrième et dernière vidéo, je vous donnerai des exemples de pardon qui m'ont beaucoup touché. Voilà pour le programme de cette série.


C'est un sujet que je trouve très important c'est pour ça que je préfère prendre le temps de bien détailler les choses plutôt que de les bâcler. J'espère en tout cas que ça vous plaira, et que ces vidéos vous aideront.


POURQUOI PARDONNER


Donc comme je le disais, on va commencer par parler du fait de pardonner l'autre. Mais je vais surtout déjà commencer par expliquer pourquoi c'est important de pardonner. Parce que ça va peut-être paraître bizarre pour certaines personnes, mais il y en a qui ne savent pas à quoi pourrait bien servir le pardon. Ou pire encore qui pensent que le pardon c'est pour les faibles. Je suis même assez surprise de voir en consultation qu'il y a énormément de personnes qui n'arrivent même pas à envisager ne serait-ce que la possibilité de pardonner une personne qui leur a fait du mal. Pour eux, ça voudrait dire qu'ils se rabaissent, et qu'ils cèdent face à l'autre. Certains disent qu'ils ne pardonneront même jamais cette personne qui les a blessé.


Si vous vous reconnaissez dans ce cas-là, cette vidéo s'adresse précisément à vous ! Tout d'abord il faut savoir que c'est une réaction tout à fait normale. Et vous avez le droit de ne pas être encore prêt tout de suite à pardonner une personne qui vous a blessé. Le pardon c'est avant tout un processus dans lequel il y a des étapes à franchir et la première c'est s'autoriser à être en colère. Mais je développerai toutes les étapes en détails un peu plus loin dans la vidéo. Mais si il est vrai que c'est important d'être en colère dans un premier temps, il est aussi vrai qu'il ne faudrait pas trop que ça dure non plus. Parce qu'au bout d'un moment ça va vraiment vous empêcher d'avancer dans votre vie.


Peut-être que vous connaissez cette citation d'oscar wilde si je dis pas de bêtises qui dit que pardonner, c’est délivrer un prisonnier et découvrir que le prisonnier, c’était vous. Moi j'aime bien dire que vouloir garder la rancœur que vous avez envers cette personne reviendrait à vous attacher vous-même un boulet à votre pied, tout en préférant rendre une autre personne responsable. Ou encore il y a cette citation de Nelson Mandela qui dit que la rancœur, c'est boire un poison en espérant qu'il tue vos ennemis. On peut donc comprendre pourquoi il est important de se libérer de la rancœur.

Mais on pourrait alors se poser la question pourquoi certains ne veulent absolument pas pardonner. Pourquoi c'est aussi dur pour certaines personnes ? Et ben c'est souvent à cause de notre ego en fait. Si il y a quelque chose à pardonner c'est que de toute évidence on a été blessé. Et ça l'ego n'aime pas du tout. Donc il va vouloir tout faire pour se protéger. Et il pense que ne pas pardonner l'autre c'est se protéger. Notre ego nous pousse alors à vouloir nous affirmer. Alors c'est là qu'on commence à se dire, que le coupable c'est l'autre. Et que ça devrait être à l'autre de s'excuser. Alors on s'accroche à cette idée de toutes nos forces. On se considère comme la victime, et on pense bien souvent que nous on a rien à se reprocher. Et parfois c'est totalement vrai bien évidemment.


Et je vais en reparler un peu plus loin dans la vidéo mais ce qu'il faut savoir c'est qu'on a toujours notre part de responsabilité dans une situation. Et c'est ça qui est parfois extrêmement difficile à accepter. Parce qu'on pense vraiment qu'on a été irréprochable, et que ce qui nous est arrivé est totalement injuste. Mais on va voir plus loin que c'est plus complexe que ça en réalité. A vouloir trop nous protéger, notre ego nous empêche en fait de voir la réalité en face, et il nous empêche de nous remettre en question et de voir certaines zones d'ombres en nous. Et au final c'est nous qui finissons par souffrir en restant trop accroché à la rancœur.

Mais je vais aller encore un peu plus loin parce qu'on pourrait maintenant se demander pourquoi certaines personnes voudraient rester accrochées à la colère alors que ça les fait souffrir. Et bien, il y a de fortes chances que ce soit parce qu'elles cherchent à se punir, à s'auto flageller. Elles projettent leur colère sur l'autre mais c'est surtout contre elles-mêmes qu'elles sont en colère. Et ça on en reparlera dans la vidéo suivante, puisque dans ce cas ce qui va être important de se pardonner soi-même.


Une définition du pardon, alors bien sur il pourrait y en avoir pleins, mais dans l'idée ce qui ressort le plus souvent c'est que pardonner c'est lâcher la colère, la rancœur que l'on a envers une personne et c'est renoncer à vouloir se venger de cette personne qui selon nous, nous a blessé. Mais si on va un peu plus loin, c'est pardonner une personne sans même attendre d'elle qu'elle nous présente ses excuses, et c'est accepter qu'on aura probablement jamais les excuses qu'on pense mériter. Ça aussi c'est pas simple. Parce que tout ce qu'on aimerait c'est que l'autre comprenne la souffrance que ça a crée ou réveillé en nous. C'est pour ça que notre première réaction c'est souvent de vouloir nous venger pour infliger à l'autre ce qu'on a vécu. C'est tout ça qu'il faut accepter de lâcher. Donc on pourrait dire que pardonner, c’est sortir de cette vision d’un Autre idéal, et prendre conscience que l’autre ne viendra jamais nous combler, ni répondre totalement à nos attentes.


Personnellement, toutes les personnes que j'ai pardonnées dans ma vie, je n'ai jamais eu les excuses que je voulais ou que j'attendais des personnes concernées. C'est pour ça qu'on dit qu'il faut mettre un peu notre ego de côté pour pouvoir pardonner quelqu'un. Et c'est franchement pas simple. Mais même si j'ai jamais eu les excuses que j'attendais, j'ai appris à être en paix avec ça.

Comme je le disais pardonner c'est aussi savoir reconnaître et accepter notre part de responsabilité dans la situation. Si vous, vous êtes en colère par rapport à quelqu'un, et bien il y a aussi de fortes chances pour que cette personne soit également en colère contre vous, et qu'elles vous en veuillent elle aussi. Et peut-être même que ce que vous lui reprochez elle vous le reproche également. Bon ca va dépendre des cas évidemment. Mais qu'on le veuille ou non, on a toujours notre part de responsabilité dans une situation. Et pardonner, c'est également prendre conscience qu'on est responsable de notre bonheur. Personne ne peut réellement nous blesser. Il n'y a que nous qui avons ce pouvoir là de nous faire du mal. Et c'est la bonne et la mauvaise nouvelle. Parce que si c'est nous qui avons le pouvoir de nous faire du mal, c'est également nous qui pouvons arrêter de nous en faire.

Lorsqu'on accepte de lâcher la colère, c'est de la souffrance qu'on se libère. C'est souvent vécu comme un profond soulagement intérieur, comme si on venait de se détacher de quelque chose. Comme si on lâchait un poids qu'on traînait depuis parfois plusieurs années et qu'on pouvait enfin commencer à avancer dans notre vie en se sentant bien plus léger. On est libéré du passé. Libéré de toutes ces pensées obsédantes chargées de colère et qui ne font que nous faire souffrir.


On pourrait donner pleins d'exemples des bienfaits du pardon mais ce qu'on va voir maintenant c'est surtout comment faire pour pardonner.


COMMENT FAIRE POUR PARDONNER


Si vous avez déjà regardé mes précédentes vidéos vous savez que j'ai besoin qu'on me dise exactement comment faire les choses. Parce que c'est bien beau de dire qu'il faut pardonner, mais très peu de personnes expliquent comment on pourrait s'y prendre pour ça. Donc je vais vous donner ma façon de faire en espérant que ça vous aide. Je vous préviens tout de suite, je vais dire des choses qui vont sans aucuns doutes ne pas du tout plaire à certaines personnes, mais je vous invite à garder l'esprit ouvert pour la suite de la vidéo. Ce qu'il faut savoir tout d'abord c'est que pour arriver au pardon, il y a quand même des étapes bien précises à respecter. Moi j'en distingue à peu près 5. Et on va commencer tout de suite par la première étape.



PREMIÈRE ETAPE



La première étape, c'est déjà de commencer par s'autoriser à ressentir la colère. Tout ce qui importe c'est de décharger toute la rancœur en disant tout ce qu'on pense réellement, à quel point on est blessé. Et surtout ne pas censurer nos pensées, et ne pas chercher à dénigrer ce qu'on ressent. Là c'est le moment de se lâcher, de balancer toutes les insultes qu'on aurait envie de dire à la personne. Petite précision, ce que je vous invite à faire ici c'est de ressentir la colère, et pas d'aller casser la figure à la personne qui vous a blessé. Y a vraiment une différence entre ressentir la colère et réagir par rapport à la colère.


En réalité, il n'y a même pas besoin de dire tout ça à la personne concernée. Vous pouvez très bien faire ça par écrit par exemple, ou vous parler à vous même à haute voix ou alors en imagination. Ou même en faisant du sport, ou encore en créant une œuvre artistique.


Donc dans cette première étape, il s'agit de reconnaître comment vous vous sentez là tout de suite, dans le moment présent. Ce qui veut dire que ça va vous demander d'accepter toutes ses émotions douloureuses. Là je parlais de la colère mais bien sûr la colère vient masquer des émotions parfois encore plus douloureuses, comme l'impuissance, une profonde tristesse, ou un désespoir. Mais vous devez reconnaître ces émotions comme étant valides, importantes et nécessaires. Et surtout ne pas les juger.


Il ne s'agit donc pas ici de vouloir les calmer ou les transformer. Juste les laisser s'exprimer et les ressentir totalement. Mais ça va demander aussi d'accepter que là tout de suite, vous n'êtes absolument pas prêt à pardonner la personne. Vous devez même abandonner totalement l'idée de pardonner. Ça ne doit absolument pas être votre objectif à cette étape.


Ceci dit, comme je l'ai déjà dit plus tôt il ne s'agirait pas non plus de s'enfermer dans la colère. Il faut s'autoriser à la ressentir et ça peut mettre déjà pas mal de temps, et ensuite il va falloir accepter de lâcher cette colère, et ça ça peut être encore plus long avant d'y arriver parfois. Mais si vous voulez avancer dans votre vie, souvenez-vous, il est important de lâcher la rancœur au bout d'un moment. Et c'est seulement lorsque vous serez prêts à le faire que vous pourrez commencer à chercher des solutions pour aller mieux et que vous pourrez passer à l'étape 2.


DEUXIÈME ETAPE



Alors l'étape 2, va très certainement être très difficile pour certains. Je pense même qu'il y a certaines personnes qui n'y arriveront jamais à la dépasser et qui préfère rester accrocher à la colère que de faire ce qui va suivre. Parce qu'il va falloir sortir du rôle de victime, et se mettre dans la peau de la personne qui vous a fait souffrir. Qu'est ce que ça veut dire plus concrètement ? Et bien ça veut dire de ne pas s'arrêter aux actes de la personne, aussi terribles qu'ils aient pu être, mais essayer de voir au delà. De ne pas s'arrêter à la surface, à ce qui est visible mais de voir ce qui se cache derrière. Parce qu'il y a toujours quelque chose derrière. Il y a toujours une intention positive même derrière des actes aussi horribles que des meurtres. Pour comprendre tout ça, je vous conseille fortement d'aller voir ma vidéo sur l'intention positive.


Par exemple, admettons que votre conjoint ou votre conjointe vous ai trompé. Et bien peut-être que si il ou elle vous a trompé, c'est parce qu'il ou elle avait besoin de se sentir désiré(e). L'intention positive qu'il y a donc derrière l'acte, c'était le besoin de se sentir désiré.


Mais attention, ça veut pas dire pour autant que c'est okay ce qu'il ou elle a fait. Pas du tout. Mais c'est juste essayer de se mettre à la place, dans la peau de la personne qui vous a blessé. Et si on fait ça vraiment sincèrement, on s'apercevrait alors qu'on peut comprendre pourquoi elle a fait ce qu'elle a fait. Juste ça. Juste comprendre. Pas approuver. Parce que quand on prend en compte toute l'histoire de la personne qui nous a blessé, quand on voit tout son parcours, quand on voit le tableau dans son ensemble, on peut alors comprendre qu'elle en soit arrivée à faire certaines choses. Et que si nous-mêmes avions vécu ce qu'elle a vécu, et ben peut-être qu'on aurait réagit pareil après tout. On peut comprendre la souffrance qui se cache derrière ses actes. Mais en aucun cas il s'agirait d'approuver ce qu'elle a fait. Parce qu'elle aurait très bien pu réagir autrement. C'est pas parce qu'on vit des choses terribles dans sa vie que ça excuse le fait de blesser quelqu'un. Surtout pas. Y a aussi pleins de personnes qui vivent des choses terribles et qui ne deviennent pas des salopards ou des meurtriers. On a toujours le choix de décider qui on a envie de devenir.


Je suis sure que ça vous est déjà de regarder un film ou une série, ou de lire un livre dans lequel y a un méchant, qu'on va vraiment haïr. Et on se dit, mais c'est juste un salop quoi. Et puis petit à petit on en apprend mieux sur ce personnage, son parcours et comment il en arrivé là. Et on commence à développer de l'empathie pour lui. Le premier exemple qui m'est venu c'est Dark Vador, mais je suis sûre qu'il y en aurait pleins d'autres. Ou y a aussi la série Dexter pour ceux qui connaissent, qui est géniale par rapport à ça. Elle met quand même assez mal à l'aise parce qu'elle nous pousse à avoir de l'empathie pour un personnage avec qui d'habitude on aurait probablement du mal à s'identifier.


En tout cas, si vous vous mettez vraiment dans la peau de ces personnes qui font du mal aux autres d'une manière ou d'une autre, vous comprendrez qu'elles ne se rendent pas toujours compte que ce qu'elles font est terrible. Beaucoup même sont persuadées de faire le bien. C'est pour ça que vous entendrez parfois des parents qui maltraitent leurs enfants qui vont dire qu'ils ne pensaient pas que leur enfant souffrait, et qu'au contraire ils pensaient même les aider en étant dur envers eux. Les pires maux découlent malheureusement bien souvent des meilleures intentions. C'est le problème des guerres. Les deux camps sont persuadés de faire le bien.


En vous mettant à la place de l'autre, vous allez constater que votre perception de la situation et de ce qui vous est arrivé va commencer à changer. Peut-être même alors que vous comprendrez que si la personne a agit comme elle a agit, ce n'était pas vraiment par rapport à vous. C’était pas fait juste pour vous blesser. Même si ça peut arriver malheureusement que certains cherchent intentionnellement à faire du mal. Mais, il n'empêche que c'est toujours par rapport à eux-mêmes qu'ils le font. Par rapport à leur propre blessures, leur propre histoire, et leur propre souffrance.

D'ailleurs ça me fait penser qu'au Canada, pour lutter contre les récidives, ils ont mis en place un dispositif dans lequel la victime peut rencontrer son agresseur afin de mieux le comprendre, et d'instaurer un dialogue entre les deux. Et les résultats montrent que ça aide vraiment les deux personnes à évoluer autant la victime que l'agresseur donc. Et moi ça me paraît tellement évidemment qu'on devrait faire ça dans notre système judiciaire si on avait vraiment envie d'améliorer notre société. Y a un documentaire qui a été réalisé et diffusé sur France 5 si ça vous intéresse qui s'appelle rencontre avec mon agresseur. Je vous mets les infos dans la barre de description.

Bref, se mettre à la place de l'autre, c'est aussi percevoir sa souffrance et commencer à comprendre et à accepter que l'autre n'est pas parfait. Et c'est pour ça que ça change totalement la perception qu'on a de la situation. Et c'est souvent ce qui nous permet alors de nous libérer de la colère et de la rancœur qu'on pouvait avoir envers cette personne. L'autre n'est pas parfait, mais nous non plus et c'est ce qu'on va voir maintenant dans l'étape 3.


TROISIÈME ETAPE



La troisième étape risque d'être encore plus compliquée que la précédente pour certains. En toute franchise, j'ai même beaucoup hésité à vous la partager, mais comme j'ai envie d'aller au fond des choses, ça me paraissait important d'aborder ce point là. Je pense que je vais réveiller quelques blessures parmi certains d'entre vous.Vous allez vite comprendre pourquoi je dis ça. Parce que cette fois-ci l'idée ça va être de chercher de quelle manière on a déjà pu faire dans notre vie ce qu'on reproche à l'autre. De voir en quelques sortes les ressemblances qu'on pourrait avoir avec l'autre. Je m'explique. Parce que je suis sûre qu'il y a beaucoup de personnes qui se disent qu'elles n'ont absolument rien en commun avec la personne qui les a blessé. Et c'est normal c'est votre colère et votre souffrance qui parlent là. Quand on est en colère, on essaye de mettre à distance ce qui nous fait mal, on voit alors toutes les différences.

Pourtant, et je sais que ça va pas vous plaire mais je suis quasiment sûre que ce que vous reprochez à l'autre vous l'avez déjà fait vous aussi d'une certaine manière dans votre vie. Soit vous l'avez plus ou moins fait subir à la personne qui vous a elle-même blessé soit ça peut être carrément une autre personne. Même si c'est peut-être pas tout à fait de la même manière. Mais je vais vous donner quelques exemples maintenant pour que vous compreniez ce que je veux dire.

Si je reste sur l'exemple de votre conjoint ou conjointe qui vous a trompé. Au premier abord, vous allez certainement vous dire que ce qu'il ou elle vous a fait vivre, ben vous vous ne l'avez jamais fait à quelqu'un, parce que vous vous n'avez jamais trompé votre partenaire. Okay, pas de problèmes. Mais honnêtement, est ce que ça ne vous ai pas déjà arrivé d'être attiré par une autre personne alors que vous étiez en couple et que vous étiez vraiment amoureux ? Est ce que vous n'avez pas déjà pensé à un de vos ex alors que vous étiez en couple avec quelqu'un d'autre ? Est ce que vous n'avez pas déjà pensé quelque chose du genre, je me demande s'il n'y aurait pas quelqu'un de mieux pour moi ? Je suis quasiment sûre que ça vous est déjà arrivé. Et je pense aussi que vous allez vous dire oui mais c'est pas la même chose. Vous vous êtes pas passés à l'acte. Et c'est totalement vrai mais il n’empêche que vous avez déjà eu ce genre de pensées.

Certes c'est pas tout à fait pareil parce que vous n'êtes pas passé à l'acte, mais dans cette étape ce qui m'intéresse c'est que vous commenciez à prendre conscience que vous n'êtes pas totalement tout blanc dans l'histoire non plus. Mais on pourrait aller encore plus loin dans cet exemple. Admettons que votre partenaire vous ait trompé parce qu'il avait peur de s'engager. Est ce qu'au fond vous aussi n'aviez pas un peu peur de vous engager également ? Soyez sincère avec vous même. Est ce que par exemple, vous ne passiez pas un peu trop de temps avec vos amis, ou au travail. Est ce que vous n'aviez pas parfois un peu de mal à lui laisser de la place ? Est ce que vous n'auriez pas fait quelque chose qui montrerait qu'à certains moments dans votre relation vous n'étiez vous même pas très investis dans votre couple. Alors bien sûr ce n'est peut-être pas tout à fait la même chose. Mais d'une certaine manière vous aussi avez fait comme votre partenaire. Vous voyez ce que je veux dire ?

Et je vais devancer tout de suite une question qu'on pourrait me poser, oui ce serait exactement la même chose si vous voulez pardonner votre agresseur, votre violeur, ou un meurtrier. Là encore au premier abord on pourrait se dire qu'on a aucuns points en communs avec quelqu'un comme Hitler par exemple. Demandez-vous alors simplement quel est le profil d'une personne qui peut commettre ce genre d'actes. Pour un meurtrier, les réponses seraient peut-être quelque chose comme c'est un égoïste, un monstre, un fou, une personne violente qui est indifférente à la valeur de la vie humaine. Okay, et ben maintenant cherchez à l'intérieur de vous. Est ce que vous n'avez pas déjà été égoïste vous aussi dans votre vie ? Est ce que vous n'avez pas déjà fait quelque chose et on vous a dit mais t'es complètement malade ? Ou alors est ce que vous ne vous êtes jamais mis en colère de façon un peu violente, lors d'une dispute par exemple ? Est ce que vous n'avez pas déjà été indifférent à la vie humaine ? Lorsque vous passiez devant un sdf, ou lorsqu'une personne est décédée mais ça ne vous absolument rien fait ? Vous n'avez pas déjà été tellement en colère contre quelqu'un que vous vous êtes dit je vais le tuer celui-là ? Je sais que c'est dur à avouer, mais si on répond sincèrement, on est toutes ces choses là. J'ai pas peur de dire que je suis toute ces choses là. Et quand vous aurez accepté que vous êtes ces choses là vous pourrez plus facilement pardonner ces traits de caractère chez les autres. Parce que d'une certaine manière, vous ne pouvez pas vraiment en vouloir à l'autre ce qu'il